mardi 29 mars 2011

De Winter lance un appel à témoin ... illégal!

Filip Dewinter squatte décidement la place médiatique ces derniers temps. Les quotidiens du Nord comme du Sud du pays n'ont pas manqué de révéler sa derniére lubie en date : publier sur son site personnel la vidéo d'un vol. Une pratique illégale en Belgique.

Le chef de file du parti extrêmiste appelle les citoyens à visionner les images et à signaler à la police les malfrats clairement reconnaissables. Sur la page d'accueil de http://www.filipdewinter.be/ trônent effectivement les images des voleurs. Images barrées d'un "Herkent u deze daders?".
L'initiative de Dewinter peut paraître surprenante. L'homme compte-t-il se recycler dans l'action publique en lancant des appels à témoins au moindre vol? Que nenni! L'action se veut symbolique, voyez-vous. En mettant ses images sur la toile, le député entend "ouvrir le débat" sur la diffusion sur le net de méfaits filmés. Une initiative symbolique qui pourrait lui coûter cher : de telles images de vidéo de surveillance sont la propriété exclusive de la police, qui n'exclut de porter plainte devant les tribunaux...
Alors, erreur innocente ou volonté de faire le buzz?

Filip Dewinter et Jean-Marie Le Pen
(Crédit photo)

Les candidats FN aux cantonales : tout et (surtout) n’importe qu(o)i.

« La politique, ça ne m'intéresse pas, j'en veux pas. C'est le parti qui m'a demandé, mais moi, je m'en fous. Si je suis élu, je n'irai pas. C'est terminé pour moi. Je m'en fous. Je suis retraité. »


Ce témoignage navrant, recueilli par France 3 et Rue 89, sort de la bouche de Roger Marin. Non, ce nonagénaire français n’est pas un banal citoyen désabusé. Roger Marin, ex-cheminot de son état, est candidat FN à Blâmont (Meurthe-et-Moselle). Il ne souhaite tout simplement pas siéger au Conseil Général. Ca ne l’intéresse pas. Comme le retraité l’explique sur France 3, le responsable départemental du Front National est venu le voir pour compléter la liste. Et le bon monsieur, pas contrariant pour un sou, a aimablement accepté. Son programme se résume à un inflexible : « Que Marine passe ».

Voir l'interview de Roger Marin réalisée par France 3

jeudi 24 mars 2011

Ras-le-bol général + abstention record = FN puissant

Le divorce semble bel et bien consumé entre le citoyen et l’homme (femme) politique français. Au cours de ce dernier scrutin avant l’élection présidentielle de l’an prochain, 55% des français ont trouvé mieux à faire que de se rendre aux urnes.

(Crédits photo)

Avouons-le, les français avaient de bons prétextes pour ne pas aller voter ce dimanche. Le temps radieux n’était pas d’humeur à inciter les citoyens à effectuer leur devoir électoral. Si, si, le temps qu’il fait le jour de l’élection a de l’influence sur le taux d’abstention ! Mais dans le monde academico-universitaire, la question reste très délicate. Personne ne conteste l'influence de la météo sur le taux de participation (et donc d'abstention). Mais alors que certains affirment qu'"une température élevée et un fort ensoleillement favorisent une forte participation" (http://www.politique.net/2007050602-taux-de-participation-varie-selon-la-meteo.html), d'autres pensent exactement le contraire! Quoiqu'il en soit, les français ont boudés les isoloirs et ça s'en est ressenti dans les résultats.

PS ragaillardi, UMP éreinté & FN en force : pas de vraies surprises.
Le premier tour des élections cantonales en France a livré ses résultats définitifs. Comme pressenti, c’est le PS qui arrive en tête avec 25,1 % des voix. Un score satisfaisant pour les socialistes qui confirment leur remontée dans les urnes (ils avaient remportés sans triompher les élections régionales de 2008). Du côté de l’UMP, c’est la déroute. Le parti présidentiel, à force d’insister sur les thématiques chères au FN (sécurité et immigration en tête) a laissé la voix libre au parti de Marine Le Pen.
Eh, oui, le grand gagnant dans l’histoire, c’est le FN avec un peu plus de 15% des votes. Il progresse de trois points par rapport aux élections cantonales de 2004. Ce n’est pas la « vague bleu marine » donc. Plutôt un avertissement lancé aux partis traditionnels.

Dans un style propre, le FN incite ses partisans à voter...
(Crédits photo)

Le parti abstentionniste, grand gagnant des cantonales 2011 ?
Ce parti imaginaire ressort vainqueur ce dimanche avec un score historique de 55%. Les élections cantonales attirent généralement moins d’électeurs.

Les cantonales, mode d’emploi.

Quelques 21 millions de française seront appelés à choisir les conseillers généraux dans la moitié des cantons de chaque département (X en tout). Le premier tour aura lieu ce dimanche. Pour passer le cap de second tour, le parti doit obtenir au minimum 12,5 % des votes. Rendez-vous le 27 mars pour le deuxième tour où les deux ou trois premiers partis s’affronteront. D’ici là, des consignes de vote devraient probablement être lancées. D’autant plus insistant si le Front National passe la barre des 12,5%.

Les élections régionales, en France ou ailleurs, sont souvent perçues comme un test pour la majorité en place. Même si Nicolas Sarkozy s’évertuera sans doute à le nier.

Pourquoi Marine Le Pen monte. Réponse en quatre points.

1. La crise économique
















La crise économique et financière dans laquelle l’Occident est englué est propice aux réactions extrémistes en général, d’extrême droite en particulier. Le secteur banquier et politique a perdu la confiance de l’opinion publique. La rigueur voire l’austérité est de retour.
Autant de symptômes qui poussent les électeurs vers un ras-le-bol général. Et qui dit ras-le-bol dit abstention. Qui dit FN…


2. Une campagne cantonale mollassonne












Cette année, la campagne n’a pas décollé. La faute à l’actualité internationale, particulièrement chargée ? Au manque de volonté des partis ? A l’indifférence générale des citoyens ?
Quoiqu’il en soit, l’avant-vote n’a vraiment pas passionné les foules. Résultat : une abstention record. Avant un sursaut tardif pour les présidentielles?


3. Une communication redoutablement performante














L’équipe de com’ qui entoure la leader du FN est imposante. Le choix des slogans est innovant, on ne peut le nier et engendre un sentiment de connivence avec l’électeur potentiel.

4. Des concurrents affaiblis















Depuis plusieurs mois, l’UMP du président semble bien affaibli. Et on ne peut pas dire que le parti présidentiel se soit réellement engagé dans la campagne, trop occupé à remanier à tour de bras pour pallier les errements diplomatiques de l’un ou l’autre de ses ministres. Le vote sanction a eu lieu, comme attendu. Côté socialistes, on ne peut pas non plus qualifier la situation de glorieuse. Divisé en interne, le parti à la rose semble incapable de faire bloc. Les interminables tergiversations autour des primaires présidentielles ne sont pas non plus de nature à apaiser le parti. Les électeurs l’ont bien compris : un petit 26%, c’est tout ce qui leur a été accordé.
Le groupe Europe Ecologie-Les Verts aurait pu « profiter » de l’incident (euphémisme) nucléaire nippon pour décoller dans les urnes. Mais user de cet argument comportait un risque : celui d’être taxé d’opportuniste-qui-profite-du-malheur-des-autres-pour-faire-campagne. Les Verts se sont alors rabattus sur une campagne plutôt classique, ce qui lui a rapporté un score honorable de 7,79%.

Les candidats FN aux cantonnales : tout et (surtout) n’importe qu(o)i.

" La politique, ça ne m'intéresse pas, j'en veux pas. C'est le parti qui m'a demandé, mais moi, je m'en fous. Si je suis élu, je n'irai pas. C'est terminé pour moi. Je m'en fous. Je suis retraité."

Ce témoignage recueilli par Rue 89 sort de la bouche de Roger Marin. Non, ce nonagénaire français n’est pas un banal citoyen désabusé. Roger Marin, ex-cheminot de son état, est candidat FN à Blâmont (Meurthe-et-Moselle). Il ne souhaite tout simplement pas siéger au Conseil Général. Ca ne l’intéresse pas. Comme le retraité l’explique sur France 3, le responsable départemental du Front National est venu le voir pour compléter la liste. Et le bon monsieur, pas contrariant pour un sou, a aimablement accepté. Son programme se résume à un inflexible : « Que Marine passe »...

Reportage de France 3 sur Roger Marin à l'occasion du premier tour des présidentielles.

Le Vlaams Belang en guest star chez … bpost !

« Dewinter VIP de bpost à Anderlecht » nous annonce lesoir.be en ce lundi 21 mars. On le sait, les tribunes de stade de foot sont des vitrines pour hommes politiques en tout genre. Une disparition prolongée des colonnes des quotidiens nationaux ? Quelques calicots, deux mi-temps et quelques Jupiler plus tard, vous voilà ressuscité médiatiquement… Et nos politiciens de tout poil l’ont bien compris. En Wallonie, le Standard est apparemment « the place to be ». Les supporters des rouges et blanc ont déjà pu apercevoir Elio Di Rupo, Michel Daerden ou Melchior Wathelet dans les tribunes. Seul flamand -apparemment décomplexé- notre perpétuel Premier Ministre Yves Leterme, habitué des business seat de Sclessin. Quant à notre Didier Reynders national, il n’est pas en reste. Une écharpe des Rouches autour du cou (malgré l’habituel costume-cravate-cravate bleue), le Liégeois ne rate pas une occasion d’accroître sa visibilité médiatique en discutant avec son voisin de tribune… Surtout quand celui-ci est président du parti Ecolo… On l’a compris, s’il n’est pas inhabituel de croiser l’un ou l’autre politicien au détour d’une tribune, il est plus interpellant d’apprendre qu’un leader d’extrême droite s’y trouve invité par une société publique… Filip Dewinter, notoire président du Vlaams Belang (ex-Vlaams Blok) aurait été invité par bpost (dites : « bi post ») au match Anderlecht/ La Gantoise. Et Le Soir de s’interroger : est que cette société, majoritairement propriété de l’État doit utiliser son argent pour divertir un politicien flamand qui a, entre autre, rendu hommage aux anciens de la SS flamande ? La question se pose en effet. Apparemment, Filip Dewinter aurait été invité au stade Constant Van Den Stock en raison de sa position de « gros client ». Simple geste commercial donc ? Au-delà des considérations éthiques les plus élémentaires, on peut aussi s’interroger sur ce que bpost considère comme un« gros client ». Tous les « gros client » de l’entreprise publique reçoivent-ils de telles places pour un tel match de football (« du beau spectacle » dixit Vers l’Avenir…) ? D’après bpost, il ne faudrait donc pas voir dans cet événement une geste politique. Quoiqu’il en soit, il pose la perpétuelle question de l’éthique et plus particulièrement du respect d’un certain cordon sanitaire.

Le FN met en garde le gouvernement belge...

Six jours après le mandat de l'ONU concernant la question libyenne, le Front National belge se décide à réagir. "L’O.N.U. sème la guerre...  la Belgique en récoltera les fruits amers" prévient-t-il.

Dans son communiqué, le microscopique parti extrémiste commence par déplorer la précipitation avec laquelle la Belgique s'est engagée dans le conflit. Pas de débat au Parlement, pas de Conseil des Ministres, regrette-t-on dans le communiqué. Le président du FN se pose cette question :"Alors, croisade des "droits de l’homme" ou guerre pour le contrôle du gaz et du pétrole libyens ?".

Une affiche du Front National belge dans les années 90'.



Patrick Cocriamont nous sort aussi les habituelles thèses du complot : ce sont les grandes compagnies pétrolières qui ont fomentés les troubles en Libye, la "communauté internationale" est capitaliste et inhumaine, etcaetera. En toile de fond, on n'oubliera pas de mentionner l'interminable crise gouvernementale, la crise économique, "la pauvreté, le chômage et l’immigration qui explosent" (d'où sortent-ils de telles affirmations?).

Pour conclure en beauté, deux phrases parfaitement moraliste et pacifistes : "Il n’appartient pas au peuple belge de financer les diktats impérialistes. Ni à sacrifier ses militaires sur l’autel du mondialisme."


Patrick Cocriamont, lors de sa prestation de serment. Vous remarquerez le style hitlérien du geste. © Photo : Télé Bruxelles.

Lire le communiqué dans son intégralité: http://www.fn.be/communiques.nationaux.php#Com.23.03.2011

lundi 14 mars 2011

Un blog sur l'extrême droite : pour quoi faire ?

Face à une extrême droite de plus en plus banalisée, la future journaliste que je suis se devait de réagir.

Désormais solidement implantées en France et en Belgique, les formations extrémistes cultivent une fâcheuse tendance à se "fondre dans le décor". A l'image du Front National français qui tient à présenter une image politiquement correcte.

Le FN nouveau serait-il arrivé? Moins raciste, plus tolérant, quasi- inoffensif? C'est en tout cas le message que les partis de ce type essaient de faire passer.
A nous de rester vigilants...

N'hésitez pas à poster vos commentaires, questions ou remarques.

Marine Le Pen, élue à la tête du Front National, succède à son père Jean-Marie Le Pen.
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